Contexte

Education et formation de base

Le contexte mondial

Références, définitions et approches…

« L’alphabétisation est un droit et une clé des autres droits. »

« L’alphabétisme ne concerne pas seulement les individus ; il s’agit aussi de bâtir des communautés et des sociétés alphabètes. »

« Quelque 18 % des adultes du monde sont dépourvus des compétences associées à l’alphabétisme. »

« Il n’y a que 88 femmes adultes alphabètes pour 100 hommes adultes alphabètes. » « La politique linguistique, y compris le multilinguisme, est cruciale. »

« Les programmes destinés aux adultes doivent comprendre comment les individus utilisent leur littératie et répondre aux priorités des apprenants. »

« Le droit à l’alphabétisme doit être juridiquement affirmé Il est économiquement judicieux d’investir dans les programmes d’alphabétisation des adultes comme dans les écoles. »

« Nombreuses sont les conceptions et les définitions de l’alphabétisme, exprimées en termes de compétences (par exemple lecture, écriture, calcul), de pratiques (les utilisations de l’alphabétisme) et de transformation (personnelle, sociale et politique). »

Quelques petites phrases puisées dans un rapport émanant de l’Unesco permettent de mesurer l’important que revêt aujourd’hui, pour nos sociétés modernes, l’alphabétisation. En 2004, 770 millions d’adultes étaient analphabètes, soit environ 18% de la population adultes, et n’avaient pas ou pratiquement pas accès aux compétences de base.

En essayant de définir l’analphabétisme fonctionnel l’illettrisme, l’UNESCO lors de sa conférence générale de 1978 en donnait la définition suivante : « Une personne est alphabète du point de vue fonctionnel si elle peut se livrer à toutes les activités qui requièrent l’alphabétisme aux fins d’un fonctionnement efficace de son groupe ou de sa communauté et aussi pour lui permettre de continuer d’utiliser la lecture, l’écriture et le calcul pour son propre développement et celui de la communauté. »

La perception, mais aussi la prise en charge de l’alphabétisation, ont changé. On ne peut envisager de relever le défi de l’alphabétisme sans prendre en compte les connaissances et les souhaits des apprenants. Leurs compétences, souvent multiples, doivent faire partie intégrante des actions de formation qui leur sont destinées.

Permettre à tous d’acquérir des compétences de base pour trouver une juste place dans notre société est un défi à relever. L’urgence est aujourd’hui d’offrir à ces millions de personnes les moyens de sortir de cet enfermement. Une société alphabétisée est une société qui percevra mieux les grands enjeux, notamment en matière de développement durable. C’est d’ailleurs dans cette optique que l’Unesco a déclaré la décennie 2004 – 2015 « Décennie des Nations Unies pour l’éducation en vue du développement durable ».

Dans la déclaration finale de la conférence pour l’éducation pour tous (Jomtien-Thaïlande-1990), l’UNESCO donne ainsi la définition suivante de l’éducation de base : « Les besoins [éducatifs fondamentaux] concernent aussi bien les outils d’apprentissage essentiels (lecture, écriture, expression orale, calcul, résolution de problèmes) que les contenus éducatifs fondamentaux (connaissance, aptitudes, valeurs, attitudes) dont l’être humain a besoin pour survivre, pour développer ses facultés, pour vivre et travailler dans la dignité, pour participer pleinement au développement, pour améliorer la qualité de son existence, pour prendre des décisions éclairées et pour continuer à apprendre. Le champ des besoins éducatifs fondamentaux et la manière dont il convient d’y répondre varient selon les pays et les cultures et évoluent inévitablement au fil du temps. »

Le contexte national

En France, en 1983, la parution du rapport intitulé « Des illettrés en France » a marqué la prise en compte du phénomène de l’illettrisme par les pouvoirs publics. En 1984, le Groupe Permanent de Lutte contre l’Illettrisme a été mis en place, sous la forme d’une mission interministérielle marquant ainsi la nécessité de réunir les partenaires de secteurs différents, pour mener une action efficace.

Après quelques années d’existence, le GPLI a cédé la place à l’Agence Nationale de Lutte Contre l’Illettrisme, créée en octobre 2000.

L’ANLCI a pris la forme d’un Groupement d’Intérêt Public (GIP), ce qui a permis d’intégrer de nouveaux partenaires : entreprises, associations, ONG, des organisations professionnelles, syndicales, consulaires… Toujours dans l’objectif de mener des actions transversales. En fédérant les énergies, l’agence offrait ainsi un espace où décideurs et acteurs mettaient en commun moyens, actions et engagement pour une efficacité accrue.

Dès 2003 et afin d’apporter une visibilité plus grande, et de mettre en place une réelle politique nationale transversale, cohérente et partagée, l’Agence s’est dotée d’un cadre national de référence. Cet outil dessine très clairement les axes, les champs d’interventions, les rôles des différents partenaires qu’il s’agisse d’institutionnels, d’entreprises, ou de membres de la société civile.

Pour ne pas confondre les différentes situations d’illettrisme, l’Agence Nationale de Lutte Contre l’Illettrisme propose trois définitions :

  • On parle d’illettrisme, lorsque des personnes qui ont été scolarisées en France n’ont pas acquis une maîtrise suffisante de la lecture, de l’écriture, du calcul des compétences de base pour être autonomes dans les situations simples de la vie courante. Il s’agit pour elles de réapprendre, de renouer avec la culture de l’écrit, et avec les formations de base dans le cadre de la politique de lutte contre l’illettrisme.
  • On parle d’analphabétisme, lorsque des personnes n’ont jamais été scolarisées. Il s’agit pour elles d’entrer dans un premier apprentissage.
  • On parle de « Français langue étrangère » (FLE) en France, pour les nouveaux arrivants dans un pays dont ils ne parlent pas la langue, il s’agit de son apprentissage.

La Guyane, le contexte local

Notre environnement de travail

Quelques repères :

  • une démographie galopante : une population qui a triplé entre 1982 et 2007
  • une population très jeune et non qualifiée : les moins de 20 ans représentent 45 % de la population, contre 25 % en moyenne nationale (chiffres INSEE 2005) et près de la moitié des 25-29 ans n’a aucun diplôme en 1990 (19% en métropole).
  • une société pluriculturelle et multilingue : 30% de la population totale est étrangère et non francophone ; le français n’est pas la langue de communication principale.
  • un contexte économique particulier : le tissu économique se caractérise surtout par une forte présence d’entreprises artisanales et commerciales dont la moitié est implantée à Cayenne ; 51% des actifs sont sans aucun niveau de qualification professionnelle ; le taux de chômage dépasse les 25%.

En Guyane, il est indispensable de tenir compte du contexte économico-social, culturel et humain de la Guyane pour définir l’action régionale tout en s’inscrivant dans les axes nationaux de lutte contre l’illettrisme.

En 1996, grâce à la naissance du DPLI (Dispositif Permanent de Lutte contre l’Illettrisme) et à la mise en réseau des moyens, la lutte contre l’illettrisme prenait tout son sens grâce à l’ouverture d’ateliers permanents et à la mise en place de formations intensives.

En 2007, onze années après sa création, le DPLI cède la place au PREFOB Guyane (Programme Régional d’Education et de Formation de Base) avec un nouveau concept : une prise en compte plus globale et transversale réunissant un plus grand nombre de partenaires. Aujourd’hui, on ne parle plus de lutte contre l’illettrisme, trop réducteur, on lui préfère le terme d’éducation de base.

L’éducation de base est le fondement solide de l’éducation tout au long de la vie. La maîtrise des savoirs de base joue un rôle essentiel dans la construction de la connaissance, la communication, la circulation de l’information et l’expression de soi.

Lire, écrire, compter, s’exprimer à l’oral en français sont des compétences indispensables, cependant la conception de l’alphabétisme comme la maîtrise d’un ensemble de capacités, n’est plus suffisante dans le contexte actuel.

En ayant une action plus transversale, le PREFOB Guyane se propose de regrouper tous les secteurs touchant à la formation de base :

  • l’Education nationale en première ligne dans la prévention de l’illettrisme,
  • la formation professionnelle des adultes,
  • le milieu associatif.

En se référant notamment aux travaux menés par l’UNESCO, notamment pour tout ce qui concerne le développement durable ou encore la cohésion sociale, les partenaires du PREFOB ont déterminé les axes autour desquels les actions d’éducation de base pouvaient être conduites en Guyane.

Apprendre à apprendre

L’alphabétisation n’est pas seulement liée aux livres et aux documents imprimés mais à toutes les formes d’expression et de communication : la radio, la télévision, le cinéma, la photographie, Internet, le téléphone, etc.

Ainsi la familiarisation avec l’image et son décodage, avec les différentes formes de graphes et de schémas et de textes abrégés, fait partie intégrante des savoirs de base dans notre société.

Enfin, et surtout, l’éducation de base doit permettre à la personne de développer une culture générale suffisamment étendue pour servir de base pour apprendre tout au long de sa vie.

Apprendre à vivre ensemble

Apprendre à vivre ensemble c’est développer la connaissance des autres, de leur histoire, de leurs traditions et de leur spiritualité. L’apprentissage coopératif, le partage des cultures, l’ouverture sur le monde sont des moyens privilégiés pour développer la connaissance des autres, la perception des interdépendances qui sont des compétences de base incontournables pour vivre en Guyane.

Apprendre à Être

Une des finalités de l’éducation et de la formation de base est de fournir à chaque individu les ressources et les repères intellectuels lui permettant de comprendre le monde qui l’entoure et de se comporter en acteur responsable. Pour cela, une première étape consiste à se connaître soi-même, identifier ses compétences afin d’explorer et d’exploiter les talents que chacun porte en lui que ce soit la mémoire, le raisonnement, l’imagination, les capacités physiques, le sens de l’esthétique, la facilité de communiquer avec les autres, le charisme naturel, etc.

Parution d’album

Paroles de femmes , l'album musical est enfin là !
Il regroupe 8 titres écrits par des stagiaires lors d'un atelier d'écriture animé par Réginald, grâce au soutien de la fondation Orange. Les stagiaires feront sa promotion tout le mois de septembre sur les ondes guyanaises. Plus d'infos auprès du pôle d'animation de Cayenne : 0594 38 19 06.

Actualités des formations

Retrouvez les actualités des stagiaires en formations sur le blog : http://www.arbrevoyageur.fr/